D’où vient «Noël» ?

La fête du 25 décembre est l’occasion de se retrouver autour d’un bon repas, d’un beau sapin et de jolis cadeaux. Mais d’où vient le mot «Noël» ? Le Figarorevient sur son origine.

«Il y a quatre âges dans la vie de l’homme: — celui où il croit au père Noël ; — celui où il ne croit plus au père Noël ; — celui où il est le père Noël ; — celui où il ressemble au père Noël.» Bien inspiré fut l’anonyme qui composa ces quelques mots! Car Noël n’est pas simplement un jour dans l’année. Il est un sentiment, un moment de rassemblement qui nous accompagne à chaque étape de notre vie. Pour l’enfant, la fête est synonyme de jouets. Pour l’adolescent, elle est plus souvent, celle qui rime avec argent. Mais passons. Plus on grandit plus la célébration devient l’occasion de se réunir, de se retrouver et de se souvenir des belles choses.

Chacun s’est aujourd’hui approprié la fête, pour ouvrir les cadeaux un 24 plutôt qu’un 25, pour déguster de la dinde plutôt que du foie gras, de la bière plutôt que du champagne. Noël est une date spéciale dans le calendrier et un mot tout aussi particulier dans le dictionnaire. Du latin natalis «de naissance», le mot «noël» est l’élision de la locution natalis dies «jour de naissance». La formule est d’abord employée en latin ecclésiastique pour désigner la Nativité du Christ, indique Le Trésor de la langue française. On parle par exemple au XIIe siècle de «al Naël Deu» pour caractériser la «fête de la nativité de Jésus-Christ».

Un cri de réjouissance poussé par le peuple

Il faut attendre le XIVe siècle pour voir fleurir le mot «Noël». Et encore! Son orthographe ne sera pas tout de suite blanche comme neige et évoluera selon les régions avant de prendre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Le Trésor de la langue française rappelle succinctement l’évolution de son écriture: «L’o de noël (en face de l’ancien français nael et de l’ancien provençal nadal) est dû à une dissimilation des deux ‘‘a» de natalis

Notons que l’usage hésita un certain temps sur le «e» de Noël. «Dans la première édition de son Dictionnaire, l’Académie n’a point mis de tréma», rappelle par exemple Le Littré qui cite le linguiste Benjamin Pautex. Selon ce dernier, les sages avaient raison de préférer la graphie «noel» puisqu’il est «impossible de confondre l’oe avec l’oe». C’est ainsi que l’on pu lire en 1178 dans Le Roman de Renart: «Ce fu un pou devant Noel Que l’on metoit bacons en sel».

Mais revenons à nos lutins. Au XIVe siècle, le mot «Noël» peut s’employer pour parler de la nativité mais également pour caractériser un «cri poussé par le peuple pour saluer un événement heureux». Une interjection que reprendra par exemple Chateaubriand dans ses Études ou discours historiques (1831): «Une douzaine de serviteurs crient Noël! et voilà un roi de France.» Non content d’être hurlé, «Noël» peut aussi être chanté. Au XVe siècle, le mot accepte en effet le sens de «cantique spirituel fait à l’honneur de la Nativité de Notre-Seigneur». On dit par exemple que l’on «chante des Noëls».