“Le héros sans aucun caractère”

On peut dire qu’il y a eu deux forts mouvements littéraires nationalistes au Brésil. Le premier a été le Romantisme et le deuxième, le Modernisme. Les deux ont eu, pour œuvre principale, des histoires indigènes : pour la première , Iracema et pour la seconde Macunaíma.

En 1929, pendant le mouvement Moderniste brésilien, la littérature a vu naître une œuvre qui a réuni des légendes, des superstitions, des proverbes et des modes de langage tissés ensemble pour esquisser un tableau du Brésil et du Brésilien. Écrite par Mário de Andrade, Macunaíma, est aussi une vive critique contre l’immoralité nationale en mettant en scène un personnage qui accumule des défauts symboles de la culture nationale. Néanmoins, il n’a pas que des défaillances de caractère, il est porteur également de vertus. Avec sa phrase la plus célèbre « Ah, quelle paresse ! », voici donc l’anti héros Macunaíma. L’oeuvre a été qualifiée par son auteur de rhapsodie,comme en musique, étant donné qu’elle présente une remarquable variété de motifs populaires. Ainsi, elle se rapproche de la geste de l’épopée médiévale dont les héros, comme ceux de Rabelais, sont en quelque sorte surhumains. En tant que représentant du multiculturalisme Macunaíma est né indien, mais il est noir puis devient blanc et ses yeux sont bleus. Ainsi, son âme n’a pas qu’une origine : elle est un mélange.

En 1970 Joaquim Pedro de Andrade a adapté au cinéma ce chef-d’œuvre de Mário de Andrade. Le film renouvelle l’esthétique du Cinéma Novo en mélangeant la parodie des «chanchadas» (comédies populaires des années 1950) et l’expérimentation de l’avant-garde tropicaliste (parodie à son tour du kitsch et de l’optical art).

Source: ANDRADE, Mário de. Macunaíma. Ed. crítica de Telê Porto Ancona Lopez, Coleção Arquivos, Unesco, 1988.

Le film online (sous-titre français): www.youtube.com/watch?v=FNoga3IxPHs&t=245s

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